29 novembre 2006
Takayama
Nous voici arrivés à la dernière partie de
notre semaine de vacances, nous avons passé les trois derniers jours à
visiter Takayama, Shirakawago et Kanazawa. Pour que ce ne soit pas trop
long, je vais vous raconter ce voyage en deux ou trois fois....Donc
tout d'abord: TAKAYAMA....
Partis en bus le mercredi matin, nous
sommes arrivés trois ou quatre heures plus tard à Takayama, dont les
kanjis signifient "La haute montagne". Il s'agit d'un village
traditionnel, où se déroule l'un des plus grands et des plus beaux
festivals du Japon.
Nous avons commencé par déposer nos bagages dans
le ryokan où nous avions reservé. La dame était très gentille bien
qu'un peu maniaque sur les bords (!!!) et nous étions quasiment les
seuls occupants de l'auberge.
Nous avons renoncé au traditionnel thé vert, offert à l'arrivée des voyageurs, car il était déjà tard...
Première
étape, le Takayama-Jinya, qui servit de bureaux aux gouverneurs de la
préfecture de Hida. Nous avons eu la chance d'avoir une guide qui
parlait anglais et vraiment, ça change tout!!! On a donc eu plein de
détails sur le lieu et sur la façon de vivre en général à l'époque.
Voici les choses les plus intéressantes, ou surprenantes:
- Tout d'abord, la salle de cérémonie du
thé avait un plafond très bas. C'était pour que les hommes, une fois
entrés dedans ne puissent pas se lever et dégaîner leur katana pour
tuer les autres. Ainsi, ils pouvaient parler affaires et négocier
tranquillement en buvant leur thé sans se soucier de possibles
tentatives de meurtres. Il faut aussi savoir qu'à cette époque, la
cérémonie du thé était réservée aux hommes, ça m'a étonnée, car
aujourd'hui, c'est surtout une activité féminine et je pensais que
c'était comme ça depuis toujours.
- La hiérarchie était aussi vraiment très importante, on le savait déjà, mais c'était flagrant durant cette visite. Tout le monde n'entrait pas par la même porte, n'attendait pas aux mêmes endroits, ne se lavait pas non plus dans les mêmes pièces,...
- Autre chose peu ragoûtante....les gens des rangs les plus élevés allaient dans des toilettes spéciales car leurs escréments étaient recueillis puis vendus pour faire du fumier: ils mangaient les meilleures nourritures, donc ça faisait le meilleur fumier possible! Quoi de plus naturel ??!! :o)
On a aussi eu droit à la visite de la salle de
torture, notre guide s'est fait un plaisir de nous donner des détails
horribles....et toujours le sens pratique japonais: le sol était en
pierre, contrairement aux autres pièces car " c'était plus facile pour
laver le sang "...............
Bref, c'était sympa pour une fois d'avoir quelqu'un pour nous expliquer plein de choses!!!
On
a ensuite filé vers le Takayma Yatai Kaikan, un musée qui présente les
chars utilisés pour le festival dont je vous ai parlé plus haut. Ce
sont des chars à trois étages, pleins de couleurs, avec parfois des
petites marionnettes au sommet.
Après, petit tour dans un temple qui était malheureusement fermé: à 17h tout ferme.....
On
s'est donc baladé dans les petites rues et les magasins qui étaient
encore ouverts puis on est retournés vers le ryokan. Il faut juste
préciser qu'il faisait VRAIMENT très froid, c'est une région où il
neige beaucoup l'hiver, et il faisait beaucoup plus froid qu'à Nagoya.
Nous
sommes ressortis une demi heure plus tard pour aller manger mais tous
les restaurants étaient complets ou fermés et on est donc allés dans un
minuscule resto chinois, où l'on s'est réchauffés avec du bon saké!!!
Après
retour au ryokan et dodo car avant de partir pour Shirakawago le
lendemain, à 11H, nous voulions encore nous balader....Reveil toujours
difficile car trop matinal pour nous: comme à chaque fois, Emilie se
lève dés la sonnerie du réveil et est prête en deux temps trois
mouvements alors que manu et moi mettons trois heures à émerger........
On
est partis se balader dans la forêt, c'était superbe, le sol était
recouvert de feuilles jaunes et rouges, ça faisait comme une sorte de
tapis, et la ville s'étalait en contrebas. C'était calme et reposant,
on y serait bien restés la journée! Au loin on apercevait le sanctuaire
mondial Mahikari-Kyo, avec un toit doré surmonté d'une grosse boule
rouge, très original....Selon le Lonely planet, la religion à laquelle
appartient ce sanctuaire serait une synthèse entre le shintoisme et le
bouddhisme...mais il précise aussi qu'on ne sait pas vraiment si ce
sont " des illuminés inoffensifs ou des adeptes d'une sombre secte
antisémite"....mystère, mystère...
On est ensuite allés faire un
tour au marché, plein de vieilles dames qui vendaient leurs patates
douces, leurs pommes, leurs raisins,.... Elles poussaient des charettes
énormes et paraissaient tellement fragiles à la fois, pas de doute, les
ptits vieux japonais sont plus costauds qu'ils n'en ont l'air!
Nous
y avons acheté des Omamori ( porte-bonheurs, on en trouve partout au
Japon) spécifiques de la région, à savoir une petite silhouette en
coton rouge avec un ptit sac et un fichu sur la tête, c'est mignon
comme tout.
Il était l'heure de prendre le bus pour Shirakawago,
le temps d'un ptit saut à l'auberge pour reprendre nos valises et faire
une photo avec la dame qui s'en occupait et direction la gare
routière....en route pour la suite du voyage!
27 novembre 2006
Kyoto by night
Comme
prévu, lundi nous avons rejoint Shin et ses amis de classe. Levés aux
aurores, nous partons de bon matin mais les trains JR Local, que nous
prenons toujours car ils ne sont pas chers, mettent des heures à faire
le moindre trajet et c'est pourquoi après cinq trains ( rien que ca!
)et trois heures de voyage dont une à côté d'un japonais enrhumé ( ceux
qui connaissent les us et coutumes japonaises comprendront le calvaire
que cela peut-être pour une occidentale :o) ), nous
arrivons finalement à Kyoto, avec deux heures de retard.....
Une
fois les bagages déposés au ryokan, nous reprenons le train jusqu'à une
petite ville juste à côté de Kyoto et nous retrouvons Shin qui nous
annonce qu'ils se sont divisés en plusieurs groupes: nous passerons
donc la journée avec lui, Emilie et un chinois s'appellant Rayman. Il
faut savoir que comme les Chinois ont des noms complètement
imprononçables, quand ils partent à l'étranger, ils se donnent un autre
nom...
Nous passons donc la journée avec eux à visiter des jardins
japonais, à se balader dans des forêts de bambous et dans quelques
temples, c'était vraiment sympa et comme d'habitude, on a pu profiter
des couleurs de l'automne.
Dans l'un des temples, nous avons été
très surpris car Shin, qui voulait faire une prière, s'est mis à taper
dans ses mains, alors que c'est le rituel dans les sanctuaires
shinto!!!!
Nous lui en avons donc parlé et il nous a dit que nous
avions certainement raison mais qu'il l'ignorait, c'était surprenant et
en même temps compréhensible car le bouddhisme et le shintoisme sont
tellement entremêlés au Japon qu'apparemment même les Japonais ne s'y
retrouvent plus!!!!
Nous sommes ensuite remontés dans le
train, pour retrouver tout le monde dans un restaurant. Trente
personnes étaient déjà là, et nous avons mangé un " nabe", c'est une
sorte de fondue. Un liquide bout dans la casserole ( je ne sais pas
quoi exactement) et dedans, on met toutes sortes de viandes et de
légumes.On les a mangé avec plein de sauces différentes, le tout
accompagné de Beaujolais Nouveau, s'il vous plait!!!!
Le
repas
terminé, nous sommes partis découvrir Kyoto by night!!! En cette
période de l'annee, les temples et sanctuaires sont illuminés pendant
la nuit. Nous sommes alles au Kiyomizu, celui que je considère comme
étant le plus beau temple de la ville. C'était grandiose, des lumières
partout, l'atmosphère était très particulière et on avait une vue
magnifique sur Kyoto. Nous avons eu accès a une partie du temple qui
n'est ouverte que trois semaines dans l'année et qui s'appelle "Le
jardin de la Lune". C'est un magnifique jardin japonais construit
autour d'un tout petit lac. Avec les lumières, le jardin se reflétait
parfaitement sur l'eau et du coup, il semblait très très grand. A notre
grande frustration, les photos étaient interdites alors on s'est
contentés de le graver dans notre tête!
Les autres Japonais sont
repartis avec le Shinkansen et nous sommes restés avec Shin et cinq de
ses copains, pour dormir dans un ryokan tenu par une adorable petite
madame.
Le
lendemain, levés encore une fois très tôt ( on n'est pas habitués à ce
rythme-la nous!!!!) , nous avons commencé par un débat sur le type de
petit déjeuner que l'on prendrait. Nous, pour être opérationnels, on a
besoin de chocolat, de trucs sucrés, bref de bonnes choses, alors que
les Japonais voulaient manger des Udon ( des nouilles, le matin : ils
sont vraiment fous ces japonais! ), finalement on a coupé la poire en
deux et on est allés au Mc Do ou ils ont pu manger des hamburgers
pendant qu'on se jetait sur les pancakes!
Apres s'être rempli
l'estomac nous avons entamé ce que j'appellerais une visite "virile" de
la ville. Pour être plus précise nous avons commencé à visiter des
endroits dans lesquels s'etait produit ce qui fascine tant ces
messieurs: le seppuku......Pour ceux qui l'ignorent, dans l'ancien
temps, en cas de déshonneur, les hommes devaient s'enfoncer leur katana
dans le ventre puis un de leurs serviteurs leur coupait la tête
afin d'éviter de trop longues souffrances...miam miam....
Bref, nous
sommes donc rentrés dans une maison où un homme et ses serviteurs s'étaient
tués ainsi. Le plancher avait été mis à la place du plafond ( ne me
demandez pas comment.....) et nous avons eu le grand honneur d'observer les traces de sang restantes, les empreintes de mains ensanglantées, c'était...comment dire....instructif!
Bon
j'exagère, on n'a pas fait que çà car on a aussi visité le temple où
mille statues de Bouddha Kannon sont exposées, et on a vu
les statues des differentes divinités bouddhiques. Le Bouddhisme est
beaucoup plus compliqué qu'il n'en a l'air car il y a beaucoup de
dieux, de gardiens, ....Bref, il va falloir qu'on bosse ça sérieusement!
Nous
sommes aussi allés dans un salon de thé apparement assez connu où nous
avons préparé notre thé vert nous meême! Il fallait mettre de l'eau dans
une tasse, attendre une nombre précis de secondes ( petite horloge sur
la table pour nous aider!), mettre dans la théière, le
transvaser,....après un quart d'heure de boulot, on a enfin pu le
savourer et effectivement, ca valait le detour, même pour nos papilles
inexpérimentées!
La journée est donc passée assez rapidement et
après un détour par un magasin de manga, nous sommes rentrés de notre
côté, laissant les autres au Shinkansen car ils étaient pressés. Cette
visite de Kyoto était assez inattendue car nous n'imaginions pas
visiter ce genre de choses. Nous avons quand même passé de super bons
moments et c'était vraiment sympa!
Kyoto recèle de merveilles alors....à bientôt pour de nouvelles aventures kyotoesques!
25 novembre 2006
Voyage au coeur du bouddhisme
Nous venons de passer une semaine à voyager gràce à un "National Holiday" bien placé le jour où on a le plus de cours et des professeurs.. compréhensifs dans les autres matières.
Le week-end dernier nous sommes partis tous les deux à Koyâ san, petite ville perdue dans les montagnes (il faut prendre pour y accéder un "cable car", un espèce d'omnibus tiré vers le sommet par deux cables) et accessoirement lieu de naissance du bouddhisme shingon, l'une des écoles les plus importantes du bouddhisme, et à ce titre très célèbre au Japon.
Il y a deux légendes concernant la création de Koya san par Kobo Daishi, qui sont souvent mélangées en une seule. Kobo Daishi s'est formé en Chine et avant de partir, il aurait lancé vers le Japon l'un des instruments des moines dont je ne me rappelle plus le nom ( il y a trois espèces de pointes au bout.... je sais, ça manque de clarté... ), à son retour au Japon, il n'a de cesse que de retrouver cet instrument censé lui indiquer l'endroit où il doit fonder son école. Il cherche, encore et encore, sans arrêt, et finit par se perdre à proximité de Koya san. Là, il rencontre un chasseur et ses deux chiens: il s'agit en fait d'un fantôme qui disparaît en lui laissant néanmoins les chiens pour le guider jusque Koya san où il retrouve son instrument et où il décide donc de fonder son école....
Il y a 120 temples ce qui est énorme pour une si petite ville. Le premier soir nous avons dormi dans un temple, désormais ouverts aux touristes occidentaux. Le prix élevé de la nuit (deux à trois fois plus cher qu'une auberge traditionnelle) plus les donations importantes des Japonais aux temples font que ceux ci sont parfois très riches. Dîner végétarien à 18H, servi par des étudiants en bouddhisme, crâne rasé et air timide. Plein de légumes inconnus, bonnes et mauvaises surprises. La chambre vaut son prix : spacieuse, aux futons très confortables, kotatsu (table avec coussin chauffant pour les pieds), chaises basses avec dossiers, thé et pâtisserie. Un tour aux bains publics et dodo car on se réveille à 5H45 pour la cérémonie du matin.
On se retrouve dans une petite pièce plutôt froide pour notre première cérémonie bouddhiste ( on en a vu une à Kyoto mais celle-ci est beaucoup plus intime). Quelques Gaijin (étrangers) de passage, et tout un groupe de pèlerins. Chaque année des gens se lancent dans le "pélérinage des 88 temples". Il démarre dans l'île de Shikoku et s'achève ici, à Koyasan, au coeur de Honshû dans les montagnes. Ils portent tous le même vêtement blanc, tamponné par chaque temple, et qui leur servira de linceul. Ca fait un peu morbide mais il prouve leur foi. Ils ont tous le parfait attirail du petit bouddhiste : le sac à prières et le chapelet que l'on agite en psalmodiant les sûtras.
La pièce est sombre et richement décorée : tableaux sur les murs représentant des moines célèbres, paravents avec des divinités bouddhiques et énormes lustres dorés. Une petite barrière sépare les spectateurs des moines. Le prêtre en chef nous tourne le dos et s'occupe de l'autel. Quatre moines sont assis à genoux comme au Judo. L'un d'entre eux est le lecteur qui ne va cesser de parler pendant la cérémonie que pour reprendre son souffle. En fait la cérémonie se résume à ça : le lecteur parle en chantant et en tapant régulièrement sur une cloche et les autres reprennent en choeur de temps en temps.
On prend ensuite le petit dejeuner (quasiment identique au diner de la veille, pour les croissants faut redescendre la montagne!!! :o) ) et on part à la découverte de la ville.
On va d'abord au grand temple où repose Kobo-Daishi, le fondateur de l'école mais aussi du lieu en 816. Les Japonais pensent qu'il n'est pas mort mais qu'il est en méditation depuis très longtemps et qu'un jour, il se réveillera. Autour du temple, l'Okuno-in, un immense cimetière (300 à 500 000 stèles) très intéressant. S'y trouvent des célèbrités comme 2 des 3 seigneurs qui ont unifié le pays (aussi connus ici que Charlemagne ou Napoléon chez nous) mais aussi des tas de gens normaux qui voulaient être enterrés au même endroit que le moine le plus vénéré du pays. Je n'ai peut etre pas précisé qu'on est en plein milieu d'une forêt avec rivière, c'est super joli et reposant, et surtout bien moins glauque que nos cimetières à nous. Ici on se dit que les gens reposent vraiment en paix dans un environnement très agréable. Certaines stèles sont tellement vieilles qu'elles sont recouvertes de mousse et se distinguent à peine des pierres alentour. Il faut également préciser que la plupart des gens laissent dans le cimetière un ongle, une mèche de cheveux ( ou bien un peu de cendres quand on le fait pour un mort) pour que Kobo Daishi n'oublie pas de les réveiller eux aussi lorsqu'il sortira de sa "méditation".
On ira ensuite voir la Daimon, l'immense porte d'entrée de la ville. C'est une porte comme il y en a dans tous les temples bouddhistes (bien que celle ci soit immense et superbe, en rouge avec décorations). Deux géants y sont représentés, les gardiens sacrés ; comme toujours l'un ferme la bouche et l'autre l'a grande ouverte. Les paumes en avant, ils stoppent le mal et laissent entrer la vertu.
De l'autre côté, un super panorama sur la vallée, plongée dans la brume. Atmosphère fantomatique.
Au temple Garan, on peut admirer un grand Bouddha en or entouré de colonnes rouges peintes avec des divinités.
La nuit tombe vite, et les temples ferment déjà, le froid glacial nous poussent à partir pour l'auberge de jeunesse dans laquelle nous dormons ce soir-là. C'est une petite auberge, un peu comme un ryokan où nous dînons tranquillement avant d'aller nous coucher car le lendemain nous avons rendez-vous avec Emilie, Shin et ses copains japonais à Kyoto....
15 novembre 2006
Magome & Tsumago
Dimanche matin, comme prévu nous
sommes partis pour Magome et Tsumago en compagnie d'Emilie. Il s'agit
de deux petits villages traditionnels, vraiment très jolis, et qui sont
reliés entre eux par un sentier de randonnée. Après environ deux heures
de bus, nous sommes arrivés à Magome, et nous commençons notre journée
par la visite de Magome. Petit village dont la rue principale monte le
long de la montagne, il est très beau mais un peu trop touristique à
notre goût car nous y croisons énormément de Japonais venus se promener
en famille. Incapables de résister aux attrapes-touristes, nous nous
arrêtons à chaque petite boutique en nous exclamant toutes les cinq
secondes: ça s'appelle de l'enthousiasme!!!!
Après le boruken à Ise,
Manu veut le chapeau japonais de Magome, mais l'idée de devoir le
porter tout le long de la randonnée de huit kilomètres l'en
dissuade...Le paysage est vraiment magnifique: des montagnes tout
autour de nous, pleines des couleurs automnales et, au loin, on
aperçoit les neiges éternelles au sommet des montagnes, c'est
incroyablement beau (surtout après trois semaines sans bouger de
Nagoya!!!! ).
Nous nous promenons donc un certain temps avant de
décider d'aller manger dans un restaurant de Soba. Pour ceux qui
l'ignorent, ils s'agit de nouilles au sésame, qui trempent dans un
espèce de bouillon, avec plein de légumes. Evidemment pendant tout le
repas, nous nous appliquons à faire tout le bruit possible et
imiginable: ici ça signifie qu'on apprécie ce que l'on mange!!! Après
avoir appris depuis tout petit à manger sans bruit, j'avoue qu'il faut
un moment d'adaptation!
Les soba sont évidemment accompagnés de l'habituel thé vert, le tout assis sur des tatamis.
Une
fois rassasiés nous entamons la randonnée et là, c'est
l'émerveillement, les arbres sont pleins de feuilles rouges,
jaunes,...Le long du chemin, on rencontre quelques groupes de Japonais.
Ce qu'il faut savoir, c'est que pendant les randonnées tous les gens se
saluent, se disent quelques mots quand ils se croisent et cela crée
vraiment une atmosphère sympa. Il y a aussi de superbes cascades et
surtout nous traversons des villages complètement isolés et c'est
dingue de voir le contraste entre ces endroits et les grandes villes
comme Nagoya! C'est plein de jolies maisons, de tous petits champs où
les gens cultivent du riz, des patates douces,....Je crois que ces
villages sont ce que nous avons préféré durant cette journée, il n'y
avait aucun touriste et c'était super beau.
Nous sommes enfin
arrivés à Tsumago après environ trois heures de marche et nous nous
sommes reposés dans un espèce de minuscule salon de thé où j'ai bu le
traditionnel macha, c'est le thé que l'on utilise pour la cérémonie du
thé: dans le bol il n'y a quasiment rien à boire, c'est tout mousseux,
mais le goût est très fort, c'est plutôt bon.
Manu et moi commençons
petit à petit à savoir nous débrouiller en Japonais donc quand on se
balade comme ça, on a souvent la chance de discuter un peu avec les
Japonais dans leur langue et même si ce ne sont pour l'instant que des
conversations basiques, nous sommes à chaque fois tous contents car
nous rencontrons des gens qui ne parlent pas du tout anglais et qui
sont heureux de pouvoir échanger quelques mots avec nous.
La nuit
tombe très tôt ici ( à 17H ) donc, nous avons quitté Tsumago après
notre pause goûter, bien fatigués et surtout transis de froid, mais
vraiment très heureux de notre journée. Le lendemain: horribles
courbatures!!!!
08 novembre 2006
Ise ou la maison des dieux
Etant donné
qu'en ce moment, on ne sort pas beaucoup de Nagoya à cause du boulot,
on s'est dit que ça valait peut-être le coup de vous parler d'Ise, même
si ça fait déjà quelques semaines que nous y sommes allés.
Ise est
une petite ville à deux heures de train au sud de Nagoya et qui est
très célèbre pour son sanctuaire shinto où d'après nos sources, tous
les Japonais vont au moins une fois dans leur vie, en d'autres termes,
c'est la Mecque des Japonais.
Donc nous voila partis un samedi matin avec Emilie, et dès notre
arrivée, nous visitons la première partie du sanctuaire, à savoir le
Gekuu. Comme d'habitude dans les sanctuaires shinto, un gigantesque
torii en bois indique l'entrée.C'est dans ce sanctuaire que nous
découvrons les maisons des Dieux, et notamment de la déesse du soleil,
Amaterasu, ancêtre de l'empereur selon les croyances japonaises. Nous
rencontrons alors un adorable petit monsieur qui nous explique ce que
représente ce temple et quel lien les Japonais ont avec la religion. Il
faut savoir que le shintoïsme est plutôt un ensemble de croyances liés au
respect de la nature alors que le bouddhisme est une religion à
proprement parler, c 'est pourquoi les Japonais mélangent les deux. Il
y a aussi un grand jardin zen, interdit aux "petites gens" comme nous,
et où seulement des gens apparemment importants ont le droit de
pénétrer, accompagnés d'un moine aux drôles de chaussures. Cependant,
l'entrée des bâtiments principaux est interdite à tout le monde, sauf
évidemment aux moines. Il est aussi interdit de prendre des photos,
interdiction qu'Emilie notre reporter de choc a allégrement
outrepassée. Le bâtiment principal, qui est construit sans aucun clou,
selon les anciennes traditions, est déconstruit, puis reconstruit
intégralement un peu plus loin tous les vingt ans, à la fois pour
sauvegarder les traditions des artisans et pour purifier cet endroit
après que l'empereur y ait séjourné.
Après cette première partie,
nous partons pour le Naikuu, ou plus que les temples c'est la nature,
et notamment les immenses arbres, qui sont impressionants. En bons
touristes que nous sommes, nous avons fait un petit tour dans les rues
traditionnelles alentours, et manu a son grand plaisir a pu acheter un
" bokuten" , sabre de bois, pendant qu'Emilie et moi
étions mortes de rire de le voir si excité par cet achat. Et bien sûr,
pour clore cette journée, nous avons acheté un énorme Daruma, il s'agit d'une figurine porte
bonheur que l'on l'achète sans yeux: on lui en dessine un en faisant un voeu,
et s'il veut le second, il doit exaucer ce voeu. Espérons que ça marche!
06 novembre 2006
De la gentillesse des Japonais...
Quand nous avons décidé de
partir au Japon, tout le monde nous a parlé, à un moment ou à un autre, de
cette gentillesse sans faille des Japonais....
Effectivement, c est indéniable les Japonais sont adorables, ils ont toujours
le sourire, nous renseignent sans ronchonner quand nous les dérangeons et,
quand ils apprennent d'où nous venons, ils tentent de prononcer quelques mots
de français, ce qui est quasiment mission impossible pour eux et vraiment trop
mignon à nos yeux. C'est aussi ce trait de caractère qui fait que nos amis ne
nous laissent jamais perdus et nous aident toujours lorsque nous en avons
besoin: les uns pour acheter un téléphone portable, les autres pour nous
installer internet et le reste pour faire la fête avec nous!
Autre illustration de cette grande qualité, la semaine dernière pour une
présentation que je devais faire en cours, deux dames japonaises ont fait le
chemin jusqu'à l'université uniquement pour m'aider à enfiler le yukata que je
devais porter, et elles sont même allées jusqu'à m'offrir les sandales qui vont
avec!!!!
Cependant, il faut avouer que cette gentillesse n'est pas offerte à tout le
monde car s'ils sont vraiment très gentils avec les gens qu'ils considèrent
comme étant leurs égaux, ceux qui n'ont pas ce privilège se voient accablés
d'une indifférence totale et pour le moins vexante ( à nos yeux car eux sont
apparement plutôt habitués). C'est le cas par exemple pour les mille et uns
distributeurs de publicités que l'on croise dans la rue ( les Japonais leur
marchent à moitié dessus c'est impressionant ) ou encore pour les
serveurs dans les Izakaya, dans ce cas, les Japonais discutent pendant des
heures de la pluie et du beau temps alors que le serveur attend patiemment à
côté de la table avec un sourire inébranlable...!
Tout ça pour en arriver à la conclusion que nous avons énormément de chance
d'être français au Japon, cela nous permet vraiment de discuter avec eux et
d'en apprendre plus sur eux ( enfin pas sur eux tous car il faut exclure
certains ptits vieux dans le métro qui ont VRAIMENT l'air de détester les
étrangers.....).A côté du visage renfrogné de la boulangère en France ou encore
du regard noir du fonctionnaire parce qu'on ne remplit pas les trente-six
formulaires assez rapidement, le beau visage attentionné des Japonais est un
pur bonheur!!!! Par contre,force est de constater que, peut-être, être
japonais au Japon est une toute autre paire de manches... :o)
01 novembre 2006
Nos lundis à Nisshin...
Le lundi c'est le jour où nous allons à Nisshin, au campus Undergraduate (il y a deux campus à la NUCB : le campus Undergraduate à Nisshin, à une heure de route donc loin de tout, et le campus Graduate à Fushimi, en plein centre de Nagoya.)
On ne va à Nisshin que le lundi pour les cours de japonais et le reste de la semaine c'est les cours de Business en anglais à Fushimi.
Donc le lundi c'est beaucoup plus tranquille, le campus est super reposant avec son lac artificiel (!!) et ses espaces verts. (je mentionne également la "millenium gate" à l'entrée (sorte d'arche de la défense énorme) et le drapeau de 50m de haut...). Il y a également des chats qui traînent partout, au grand bonheur de Vanessa. (plus des tonnes d'araignées énooormes vertes et jaunes, qu'elle aime beaucoup moins...)
On n'est que 3 au cours de japonais du matin, nous et Pin-pin sensei (oui c'est son nom elle est chinoise, prof à la fac et a l'âge de nos mères), écoutant attentivement Kodera sensei. C'est là qu'on fait les points de grammaire les plus difficiles --- genre au dernier cours, "watashitachi wa chûgoku e subarashii otera o mi ni ikitai na...." = nous voudrions aller en Chine voir des temples splendides.
Le midi on peut retrouver nos amis japonais (à Fushimi, nous n'avons pas d'amis japonais puisqu'il n'y a AUCUN japonais en cours avec nous !). Lundi dernier on est allés manger avec Hiro et Yusuke, ce dernier tenant absolument à nous emmener dans un "bon" sushi bar. Un tour dans son 4x4 plein de dreamcatchers et de peluches bizarres (Yusuke se balade également avec un bonnet rose et des chaussures vert-rouge-jaune) et nous voilà arrivés dans un sushi bar, sorte de fast food où l'on ne mange que des sushis. C'était très drôle : pas de serveuse mais un rail circulant dans toute la pièce et un ordinateur à chaque table. On sélectionne ce qu'on veut manger, le nombre, et un train électrique (!!) nous apporte les assiettes de sushi... et repart ensuite à toute vitesse en cuisine. En plus, sous le rail du train un autre rail fait circuler des assiettes de sushi, pour avoir des idées ou donner envie, et on peut s'y servir comme on veut quand ça passe près de nous. Surprise : les sushis c'est très bon !!! (eh oui en deux mois nous n'avions toujours pas mangé de sushis, des tas de trucs oui mais pas LE sushi original). On en a goûté de plein de sortes, au thon, au saumon, aux expèces de gros oeufs de poisson... avec ou sans sauce soja ou wasabi (ça arrache !). Au rayon bizarreries japonaises (tous les jours des nouvelles bizarreries à découvrir), sushis au nattô (grains de soja malaxés dans une sauce écoeurante -- le pire truc que nous ayons goûté ici) ou au poulpe, voire à la cervelle de crabe (Yusuke, avec son énorme sourire, maintient que c'est "so tasty"...)
A noter que les japonais mangent exactement comme dans les mangas : à toute vitesse, en empilant les assiettes vides, et la tête dans le bol !!!
















